Checklist Interactive de Contrôle des Sous-Traitants (Art. 5 LDet — Responsabilité Solidaire)
Constituez le dossier de contrôle de vos sous-traitants selon l'art. 5 LDet, canton par canton.
Outil interactif
A Auditeur de diligence (art. 5 LDet) et générateur de dossier de contrôle
1 Profil du sous-traitant
4 Checklist des preuves du « devoir de diligence » (art. 8b et 8c ODet)
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Attestation des organes paritaires selon laquelle le sous-traitant a été contrôlé et qu'aucune infraction n'a été constatée, ou inscription dans un registre professionnel reconnu (certificat CCT ISAB). Vérifiez la date et la branche couverte.
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Attestation de la caisse de compensation du sous-traitant : cotisations payées et à jour. Exigée en pratique par la plupart des pouvoirs adjudicateurs.
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Attestations de l'assureur-accidents (LAA) et de l'assurance d'indemnités journalières en cas de maladie (IJM, selon la CCT) : primes payées, couverture en vigueur.
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Attestation de la caisse de pension (depuis le 1er janvier 2023, elle indique si un contrôle a eu lieu et si les conditions sont respectées) et preuve d'affiliation à la retraite anticipée de la branche (FAR pour le gros œuvre, RESOR pour le second œuvre).
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Extrait des poursuites de moins de 3 mois et extrait du Registre du commerce (date d'inscription : un sous-traitant suisse inscrit depuis moins de deux ans doit en outre avoir déposé ses déclarations auprès des organes paritaires).
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Déclaration de garantie signée, accompagnée au besoin de la liste du personnel et des attestations des travailleurs. Le SECO propose des modèles de déclaration distincts pour les sous-traitants établis en Suisse et à l'étranger.
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Le contrat doit encadrer la sous-traitance en chaîne : toute sous-traitance soumise à votre accord écrit, droit d'obtenir les mêmes preuves pour chaque maillon, et vue d'ensemble du chantier (mesures organisationnelles : liste des entreprises présentes).
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Confirmation de l'annonce du détachement : dans la construction, l'annonce est obligatoire quelle que soit la durée et le travail ne peut débuter que huit jours après l'annonce (sauf urgence). Preuve du dépôt de la caution si la CCT l'exige.
Verdict de risque financier
- Salaires minimaux en jeu (montant du contrat × part de main-d'œuvre) : ordre de grandeur
- Sanctions possibles si le devoir de diligence n'est pas rempli
Votre responsabilité est subsidiaire : le travailleur doit d'abord poursuivre son employeur (art. 5 al. 2 LDet). Le montant ci-dessus est une estimation de ce que vous pourriez devoir payer si l'exonération vous est refusée.
Preuves encore à obtenir
Le dossier s'appuie sur les recommandations et les modèles de déclaration du SECO ; ce n'est pas un document émis par le SECO. Information indicative, qui ne remplace pas l'avis d'un juriste.
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Guide technique de référence
Qu'est-ce que la responsabilité solidaire de l'entrepreneur contractant en Suisse (Art. 5 LDet) ?
La responsabilité solidaire sous-traitance construction suisse est prévue par la loi sur les travailleurs détachés (LDét, RS 823.20), renforcée le 15 juillet 2013. Lorsque des travaux de construction, de génie civil ou de second œuvre sont confiés à des sous-traitants, l'entrepreneur contractant (entrepreneur total, général ou principal) répond civilement du non-respect, par ces sous-traitants, des salaires minimaux nets et des conditions de travail fixés par la convention collective de force obligatoire. La règle vaut que le sous-traitant soit établi en Suisse ou à l'étranger, et quelle que soit la taille du chantier.
1. Pourquoi vous pouvez être condamné à payer les salaires impayés et les charges sociales de votre sous-traitant (et de ses propres sous-traitants en chaîne !)
L'entrepreneur contractant répond solidairement de tous les sous-traitants qui lui succèdent dans la chaîne contractuelle : le sous-traitant de votre sous-traitant, et le suivant. Cette chaîne de sous-traitance bâtiment peut compter quatre ou cinq maillons, dont vous ne connaissez pas toujours les entreprises. Sa responsabilité n'est toutefois engagée qu'à titre subsidiaire : il n'en répond que dans la mesure où le sous-traitant a d'abord été poursuivi en vain ou ne peut pas l'être (art. 5 al. 2 LDét).
Ce que la loi met à votre charge, ce sont les salaires minimaux nets et les conditions de travail (art. 2 al. 1 LDét) : heures, vacances, indemnités prévues par la convention. Les cotisations sociales impayées (AVS, SUVA, caisse de pension) suivent des règles distinctes, mais un sous-traitant qui ne paie pas ses salaires ne paie en général pas non plus ses charges : le risque financier est global. Sur un contrat de 250'000 CHF avec 45 % de main-d'œuvre, l'ordre de grandeur des salaires en jeu est de 112'500 CHF.
2. Comment vous libérer légalement de cette responsabilité : la preuve du « devoir de diligence » (Art. 8b et 8c ODet)
L'article 5 LDet devoir de diligence vous permet de vous exonérer si vous prouvez que vous avez accompli votre devoir de diligence dans la mesure commandée par les circonstances. Il est réputé accompli si le sous-traitant a établi de manière crédible, sur la base de documents et de justificatifs, qu'il respecte les salaires et conditions de travail. L'ordonnance précise la méthode : des documents à faire présenter par le sous-traitant (art. 8b ODét) et des mesures contractuelles et organisationnelles de votre côté (art. 8c ODét).
Le article 8b ODet documents sous-traitant cite en particulier l'attestation de détachement (entreprise étrangère), la déclaration de garantie du sous-traitant accompagnée au besoin des listes du personnel, l'attestation des organes paritaires et l'inscription dans un registre professionnel. L'article 8c vise le contrat (encadrement de la sous-traitance en chaîne, accord préalable) et l'organisation (vue d'ensemble des entreprises présentes sur le chantier). Plus le risque est élevé (grand chantier, secteur à faible marge, sous-traitant inconnu), plus la diligence attendue est poussée.
Les 8 attestations obligatoires à exiger et archiver AVANT l'entrée du sous-traitant sur le chantier
« Obligatoires » s'entend ici au sens pratique : l'ordonnance en cite certaines (art. 8b et 8c ODét), les autres sont des bonnes pratiques qui renforcent votre dossier. L'outil les regroupe en une liste de 8 preuves, avec un score de conformité de 0 % à 100 %. Pour un contrôle chantier commission paritaire Unia FVE ou celui d'une autre commission paritaire (par exemple, dans le canton de Vaud, les commissions professionnelles paritaires qui travaillent avec la FVE et Unia), demandez au sous-traitant l'attestation de contrôle de sa branche : c'est la preuve la plus solide.
| N° | Preuve à archiver | Base juridique | Pour qui ? |
|---|---|---|---|
| 1 | Certificat CCT / registre professionnel à jour (ISAB / commission paritaire) | art. 8b al. 1 ODét | Tous les sous-traitants |
| 2 | Attestation de paiement des cotisations AVS / AI / APG / AC (moins de 3 mois) | bonne pratique (non exigée expressément par l'ODét) | Tous les sous-traitants |
| 3 | Attestation de paiement des primes SUVA (LAA) et IJM maladie | bonne pratique | Tous les sous-traitants |
| 4 | Attestation de paiement de la prévoyance LPP (2e pilier) et de la retraite anticipée (FAR ou RESOR) | art. 8b al. 1 ODét ; CCT de la branche | Tous les sous-traitants |
| 5 | Extrait de l'Office des poursuites et du Registre du commerce | art. 8b al. 3 ODét ; bonne pratique | Tous les sous-traitants |
| 6 | Déclaration écrite signée par le sous-traitant (modèle SECO) garantissant le respect des salaires minimaux CCT, de la durée du travail et des indemnités repas / trajets | art. 8b al. 1 et 2 ODét | Tous les sous-traitants |
| 7 | Clause contractuelle interdisant la sous-traitance au second degré (en chaîne) sans accord écrit préalable | art. 8c ODét | Tous les sous-traitants |
| 8 | (Entreprise étrangère) Annonce en ligne 8 jours avant le début des travaux et preuve du dépôt de la caution CCT | art. 6 LDét ; art. 6 ODét ; art. 2 al. 2ter LDét (caution) | Entreprise étrangère |
1. Sous-traitant ayant son siège en Suisse (Registres professionnels ISAB / SIPAC, AVS, SUVA, LPP, FAR/RESOR, convention collective CCT)
Pour une entreprise suisse, demandez d'abord le certificat CCT ISAB (le système d'information de l'alliance de la construction, lancé en 2019 par les associations patronales et les syndicats) ou l'attestation de la commission paritaire compétente, puis les attestations de paiement des cotisations AVS, SUVA et IJM, la prévoyance LPP et la retraite anticipée de la branche (FAR pour le gros œuvre, RESOR pour le second œuvre), l'extrait des poursuites et du registre du commerce, et la déclaration signée du sous-traitant. Un sous-traitant suisse inscrit au registre du commerce depuis moins de deux ans, et pas encore contrôlé par une commission paritaire, doit en outre avoir déposé ses déclarations auprès des organes paritaires (art. 8b al. 3 ODét). Le registre cantonal à solliciter dépend du canton du chantier : l'outil l'affiche pour les 26 cantons.
Le cahier des charges de l'outil cite « SIPAC » pour Genève et « Bâtiment-Service » pour Vaud : ces noms n'ont pas pu être confirmés dans les sources officielles consultées. À Genève, les sources indiquent la Commission paritaire genevoise du gros œuvre ; à Vaud, les commissions professionnelles paritaires avec la FVE et Unia. Confirmez le bon interlocuteur auprès de la commission de votre branche.
2. Sous-traitant étranger détachant du personnel en Suisse (Préavis de 8 jours, caution CCT, déclaration des salaires minimaux suisses)
Dans la construction, le génie civil et le second œuvre, tout détachement doit être annoncé, quelle que soit sa durée, et le travail ne peut débuter que huit jours après l'annonce, sauf urgence (art. 6 LDét et art. 6 ODét). Pour chaque travailleur détaché déclaration : l'annonce porte sur l'identité, le salaire horaire brut, la date de début et la durée, le genre de travaux et le lieu exact de travail. Exigez la confirmation de l'annonce avant l'entrée sur le chantier, la déclaration signée garantissant les salaires minimaux suisses, et la preuve du dépôt de la caution si la convention collective étendue en prévoit une (art. 2 al. 2ter LDét). Le montant de la caution résulte de la convention : le cahier des charges de l'outil cite 10'000 à 20'000 CHF, à confirmer auprès de la commission paritaire.
Sanctions civiles et administratives (amende jusqu'à 30'000 CHF et exclusion des marchés publics jusqu'à 5 ans)
Sur le plan civil, vous pouvez être actionné par les travailleurs du sous-traitant ou de sa chaîne, à titre subsidiaire (art. 5 al. 2 LDét), pour les salaires minimaux nets et les conditions de travail non respectés. Sur le plan administratif, l'autorité cantonale peut sanctionner l'entrepreneur contractant qui n'a pas rempli son devoir de diligence : une amende de 5'000 CHF au plus ou une interdiction d'offrir ses services en Suisse de un à cinq ans, et la mise à sa charge des frais de contrôle (art. 5 al. 4 et art. 9 al. 2 let. d et g LDét).
L'amende pouvant atteindre 30'000 CHF vise l'employeur qui viole les conditions minimales de travail et de salaire (art. 9 al. 2 let. b LDét), et peut être cumulée avec l'interdiction d'offrir ses services en cas d'infraction particulièrement grave. Les sanctions entrées en force figurent sur une liste publique tenue par le SECO ; les pouvoirs adjudicateurs peuvent en tenir compte et exclure les entreprises concernées des marchés publics (voir le comparateur des seuils AIMP). Comparez aussi les retenues que certaines entreprises générales vous imposent avec l'auditeur de contrat d'entreprise générale.
⚡ Archiver les attestations de vos sous-traitants dans Soumission
Questions Fréquentes sur la Sous-Traitance dans la Construction en Suisse (FAQ)
1. Qui est « l'entrepreneur contractant » et pour quels travaux répond-il de ses sous-traitants ?
L'article 5 LDét vise les travaux de construction, de génie civil et de second œuvre : l'entrepreneur contractant (entrepreneur total, général ou principal) y répond civilement du non-respect, par ses sous-traitants, des salaires minimaux nets et des conditions de travail de l'article 2 al. 1 LDét (rémunération minimale, durée du travail et du repos, vacances, sécurité au travail, protection de certaines catégories de personnes, non-discrimination).
La loi ne parle que des salaires minimaux nets et des conditions de travail : les cotisations sociales suivent leurs propres règles (caisses de compensation, assureurs). Comme le sous-traitant peut être suisse ou étranger, le contrôle vaut dans les deux cas.
2. Peut-on me réclamer les salaires impayés des sous-traitants de mes sous-traitants, et dans quel ordre ?
Oui : l'entrepreneur contractant répond solidairement de tous les sous-traitants qui lui succèdent dans la chaîne contractuelle, mais seulement dans la mesure où le sous-traitant a d'abord été poursuivi en vain ou ne peut pas l'être (art. 5 al. 2 LDét). Le travailleur doit donc d'abord s'adresser à son propre employeur : votre responsabilité est subsidiaire.
Elle reste réelle dès qu'une société sous-traitante disparaît ou tombe en faillite. D'où l'intérêt d'interdire par contrat la sous-traitance en chaîne sans votre accord écrit (art. 8c ODét).
3. Quels documents suffisent à prouver mon devoir de diligence ?
Vous vous exonérez en prouvant que vous avez accompli votre devoir de diligence dans la mesure commandée par les circonstances (art. 5 al. 3 LDét). L'ordonnance cite en particulier l'attestation des organes paritaires, l'inscription dans un registre professionnel, la déclaration de garantie du sous-traitant et, pour une entreprise étrangère, l'attestation de détachement (art. 8b ODét), ainsi que des mesures contractuelles et organisationnelles (art. 8c ODét). Le SECO met à disposition des modèles de déclaration.
Dans l'outil, 6 preuves sur 8 cochées pour une entreprise étrangère donnent un score de 75 % : exonération possible mais fragile. Le simple recueil de documents ne suffit pas toujours : vous devez apprécier l'ensemble des éléments dont vous disposez.
4. Que risque l'entrepreneur qui n'a pas contrôlé ses sous-traitants ?
Outre l'obligation de payer les salaires minimaux en jeu (ordre de grandeur de l'outil : 112'500 CHF pour un contrat de 250'000 CHF avec 45 % de main-d'œuvre), l'autorité cantonale peut infliger à l'entrepreneur qui a manqué à son devoir de diligence une amende de 5'000 CHF au plus ou une interdiction d'offrir ses services en Suisse de un à cinq ans, et lui faire supporter les frais de contrôle (art. 5 al. 4 et art. 9 al. 2 let. d et g LDét).
L'amende pouvant atteindre 30'000 CHF vise l'employeur qui viole les conditions minimales (art. 9 al. 2 let. b). Les sanctions entrées en force figurent sur une liste publique du SECO, que les pouvoirs adjudicateurs peuvent consulter : une exclusion des marchés publics est possible selon le droit applicable.
5. Un sous-traitant étranger doit-il être annoncé et fournir une caution ?
Dans la construction, le génie civil et le second œuvre, l'annonce des travailleurs détachés est obligatoire quelle que soit la durée de la mission, et le travail ne peut débuter que huit jours après l'annonce, sauf urgence (art. 6 LDét ; art. 6 ODét). Demandez la confirmation de l'annonce avant l'entrée sur le chantier.
Si la convention collective étendue le prévoit, l'employeur étranger doit aussi déposer une garantie financière (art. 2 al. 2ter LDét) : la loi ne fixe pas de montant, il résulte de la convention (le cahier des charges de l'outil cite 10'000 à 20'000 CHF : à confirmer auprès de la commission paritaire).
Information indicative établie d'après la LDét, l'ODét et les recommandations du SECO ; elle ne remplace pas l'avis d'un juriste ni celui de la commission paritaire de votre branche.
