Aller au contenu
Site
🛡️ Série prévention des fraudes Anomalie n° 3 Guide PDF + Word FRAUDE 03

Fossoyeurs d'entreprises et coquilles vides (Mantelhandel) dans le bâtiment suisse : ce que dit l'art. 684a CO

Un dirigeant du bâtiment dont la société ne peut plus payer reçoit parfois l'offre de « reprendre » sa société avec ses dettes contre une somme d'argent, pour qu'il n'ait plus à s'en occuper. Pour les créanciers, un changement d'actionnaire ou de siège chez un partenaire qui ne travaille presque plus est un signal. Depuis le 1er janvier 2025, l'art. 684a CO déclare nul le transfert d'actions d'une société sans activité, sans actifs réalisables et surendettée. Cette page explique ce que dit le texte, comment reconnaître la situation et quelles voies légales existent.

PDFDOCX

Le guide : Fossoyeurs d'entreprises (Mantelhandel)

Le guide détaillé de cette page en PDF et en Word : base légale, marche à suivre, modèles de lettres et checklist de preuves.

🔎 Scanner des 26 anomalies

Une adresse e-mail est demandée : le guide s’affiche tout de suite et vous est aussi envoyé par e-mail (liens signés valables 7 jours).

Comment fonctionne le piège et quels signaux d'alerte

Le mécanisme sur le terrain en Suisse romande

« Fossoyeur d'entreprises », « Firmenbestatter » et « Mantelhandel » (commerce de l'enveloppe juridique d'une société) sont des expressions d'usage ; aucune ne figure dans les textes de loi lus. Elles désignent une offre faite à un dirigeant dont la société est surendettée : lui retirer la société et ses dettes contre paiement, avec la promesse d'être « libéré de toute responsabilité ». L'enjeu juridique est ailleurs : une société qui ne peut plus payer suit des règles précises de dissolution, de liquidation ou de faillite, et le transfert de ses actions peut être nul.

  • Pour le dirigeant : une offre non sollicitée, une signature demandée vite, aucune question sur les comptes ni sur la liquidation.
  • Pour le créancier : changement d'actionnaire, d'administrateur et de siège en peu de temps, puis plus aucune réponse aux rappels.
  • Pour le comptable : mandat de clôturer rapidement les comptes d'une société sans activité, pièces manquantes.

Une cession d'actions peut être légitime, y compris pour une société en difficulté. Ce qui compte est de connaître la limite posée par la loi et le chemin légal pour sortir du surendettement.

Signaux d'alerte (Red Flags) à vérifier avant et pendant le chantier

La liste ci-dessous reprend les indices observables, du côté du dirigeant et du côté du créancier. Aucun ne prouve rien isolément.

  • Offre non sollicitée de « prendre en charge » votre société et ses dettes, avec la promesse d'être libéré de toute responsabilité.
  • Demande de signer vite une cession d'actions, une démission ou un changement de siège, sans question sur les comptes.
  • Acquéreur sans lien avec le bâtiment, dont l'identité ou les bénéficiaires économiques restent flous.
  • Changement d'actionnaire, d'administrateur et de siège d'un partenaire en peu de temps, puis silence.
  • Nouveau siège à une adresse où la société n'est pas joignable (courrier recommandé qui revient).
  • Société sans activité visible, comptes en retard, poursuites nombreuses, cession à un acquéreur inconnu.
  • Demande de remettre à l'acquéreur les livres de comptes et la comptabilité.
  • Ordre de clôturer rapidement des comptes sans pouvoir justifier toutes les pièces.

Mini-diagnostic : combien de signaux repérez-vous ?

Cochez les signaux qui correspondent à votre situation : le résultat est un comptage calculé dans votre navigateur, sans pourcentage et sans enregistrement de vos réponses.

Mini-diagnostic : fossoyeurs d'entreprises et coquilles vides

Cochez les signaux qui correspondent à votre situation. Le résultat est un comptage, ni un diagnostic ni une preuve.

Ce n'est ni un diagnostic ni une preuve : un signal appelle une vérification, pas une accusation.

Signaux d’alerte

Cochez les signaux observés : le résultat s’affiche ici, case après case.

📥 Recevoir le guide PDF/Word

Cadre légal suisse, preuves et modèles de lettres

Bases juridiques : CO, CC, CP, LP et SIA 118

L'art. 684a CO a été introduit par la loi fédérale du 18 mars 2022 sur la lutte contre l'usage abusif de la faillite (RO 2023 628), en vigueur le 1er janvier 2025. Selon le texte lu, le transfert d'actions est nul si la société n'a plus d'activité commerciale ni d'actifs réalisables et si elle est surendettée. En cas de soupçon fondé lors d'une réquisition, le registre du commerce demande les derniers comptes annuels signés et refuse l'inscription si la société ne répond pas ou si les comptes confirment le soupçon. Le texte parle d'actions ; pour la Sàrl, l'art. 787a CO renvoie aux règles de la société anonyme par analogie.

À notre lecture du texte, la nullité concerne le transfert d'actions et ne libère pas, par elle-même, les organes de leur devoir de surveiller la solvabilité (art. 725 CO) ni de leur responsabilité (art. 754 CO). Les effets exacts de la nullité sont à faire examiner par un avocat.

Les règles en un coup d’œil

RègleArticleCe que dit le texte
Nullité du transfert d'actions d'une société sans activité et surendettéeart. 684a al. 1 COLe transfert est nul si les trois conditions sont réunies ; même logique pour les parts d'une Sàrl (art. 787a CO).
Contrôle du registre du commerceart. 684a al. 2 COSommation de produire les derniers comptes annuels signés ; refus d'inscrire si la société ne répond pas ou si les comptes confirment le soupçon.
Radiation d'officeart. 934 al. 1 COLe registre radie les entités sans activité ni actifs réalisables après sommation de faire valoir un intérêt au maintien.
Carences dans l'organisation de la sociétéart. 731b al. 1 COUn actionnaire ou un créancier peut demander au tribunal des mesures ; le tribunal peut fixer un délai, nommer un organe ou prononcer la dissolution (art. 731b al. 1bis CO).
Surveillance de la solvabilitéart. 725 al. 1 COLe conseil d'administration surveille la solvabilité ; en cas de surendettement confirmé, il avise le tribunal (art. 725b al. 3 CO).
Dissolution et liquidationart. 743 al. 2 COSi l'actif ne couvre plus les dettes, les liquidateurs en informent le tribunal, qui déclare la faillite.
Faillite requise par le débiteurart. 191 al. 1 LPLe débiteur peut requérir lui-même sa faillite en se déclarant insolvable en justice.
Responsabilité des personnes qui gèrent ou liquidentart. 754 al. 1 COResponsabilité pour manquement intentionnel ou par négligence ; prescription de trois ans dès la connaissance, dix ans au plus (art. 760 al. 1 CO).
Infractions de faillite et participation d'un tiersart. 164 ch. 1 CPDiminution de l'actif au préjudice des créanciers ; le tiers qui participe est aussi punissable (art. 164 ch. 2 CP).
Faux dans les titresart. 251 ch. 1 CPConstater ou faire constater faussement un fait ayant une portée juridique dans un titre, dans un dessein illicite : jusqu'à cinq ans.
Interdiction d'exercerart. 67 al. 1 CPAprès une condamnation à plus de six mois dans l'exercice d'une activité, le juge peut l'interdire de six mois à cinq ans.

Bouclier contractuel et preuves à réunir

Dirigeant : ne signez ni cession d'actions, ni démission, ni changement de siège avant d'avoir compris le sort des dettes, et conservez votre comptabilité dix ans (art. 958f al. 1 CO). Créancier : mettez en demeure et poursuivez sans attendre ; si la société n'a plus de domicile à son siège ou qu'un organe prescrit manque, un créancier peut demander au tribunal des mesures (art. 731b al. 1 CO).

  • L'offre reçue, par écrit, avec l'identité de son auteur
  • Extraits du registre du commerce avant et après chaque modification, datés
  • Derniers comptes annuels et comptes intermédiaires éventuels
  • Contrats, factures, mises en demeure, commandements de payer
  • Preuve d'une tentative de contact au siège inscrit (recommandé retourné)
  1. Ne signez aucune cession, démission ni changement de siège proposés par un tiers avant d'en avoir compris l'effet sur les dettes.
  2. Demandez l'offre par écrit (modèle 1) et consultez un avocat avant toute décision.
  3. Dirigeant : faites établir des comptes intermédiaires si le surendettement est probable et choisissez une voie prévue par la loi (assainissement, liquidation, faillite).
  4. Conservez votre comptabilité et vos pièces dix ans ; ne les remettez pas à un acquéreur sans copie complète.
  5. Créancier : consultez le registre du commerce, mettez en demeure et poursuivez sans attendre.
  6. Si la société n'a plus de domicile à son siège ou qu'un organe manque, étudiez avec un avocat une requête fondée sur l'art. 731b CO.
  7. Informez l'office du registre du commerce des faits objectifs (modèle 2), sans accuser.
  8. Dénoncez à la police ou au ministère public si vous avez des faits précis.

Modèles de lettres types

Modèle 1 : réponse à une offre de reprise de société

Objet : votre proposition du [date] concernant la société [raison sociale] : demande d'informations écrites

Madame, Monsieur,

Nous avons pris connaissance de votre proposition de reprendre la société [raison sociale] avec ses dettes. Avant toute décision, nous vous prions d'indiquer par écrit, d'ici au [date] : 1) votre identité et celle de l'acquéreur des actions et de ses bénéficiaires économiques ; 2) le prix et son mode de paiement ; 3) le sort des dettes, de la comptabilité et des pièces ; 4) votre appréciation de l'art. 684a CO ; 5) vos références.

Nous ne signons rien, ne remettons aucun document et ne modifions ni le siège ni les organes avant d'avoir reçu ces informations et pris conseil. Nous réservons tous nos droits.

Salutations distinguées.
[Prénom, nom, fonction, signature]

Modèle 2 : information factuelle à l'office du registre du commerce

Objet : société [raison sociale, IDE] : information sur des faits susceptibles d'intéresser le contrôle des inscriptions

Madame, Monsieur,

En qualité de créancier de la société [raison sociale] (créance de CHF [..], mise en demeure du [date]), nous vous communiquons, à titre d'information, les faits suivants : 1) le [date], la société a changé d'actionnaire, de gérant ou de siège ; 2) à notre connaissance, elle n'exerce plus d'activité depuis le [date] ; 3) [autre fait précis et daté].

Nous savons que l'art. 684a al. 2 CO prévoit un contrôle en cas de soupçon fondé lors d'une réquisition. Nous ne prétendons pas que ses conditions sont remplies : nous vous communiquons ces faits afin que vous décidiez de la suite appropriée.

Salutations distinguées.
[Prénom, nom, fonction, signature]

Où signaler

La dénonciation d'une infraction se fait à la police ou au ministère public (art. 301 al. 1 CPP) ; vous n'avez pas à qualifier les faits. Les questions d'inscription se posent à l'office du registre du commerce du canton du siège.

Se protéger avec l'indice ACIP et le logiciel Soumission, questions fréquentes

Comment verrouiller votre chantier avec l'indice ACIP et Soumission

L'indice ACIP (Art Construction Indice de Prix) classe les prix par chapitres métier et codes CFC : comparer une offre à ces repères aide à repérer un prix qui ne tient pas la route, un signal parmi d'autres. Le logiciel Soumission sert à préparer vos offres chiffrées ; des offres datées et numérotées sont autant de pièces à conserver.

📊 Voir l’indice ACIP (Art Construction Indice de Prix)

L'art. 684a CO existe-t-il vraiment et que dit-il ?

Oui. Introduit par la loi du 18 mars 2022 sur la lutte contre l'usage abusif de la faillite, en vigueur depuis le 1er janvier 2025, il déclare nul le transfert d'actions d'une société qui n'a plus d'activité commerciale ni d'actifs réalisables et qui est surendettée. Le registre du commerce, en cas de soupçon fondé, demande les derniers comptes annuels signés et refuse l'inscription si la société ne répond pas ou si les comptes confirment le soupçon.

Et pour une Sàrl, la règle est-elle la même ?

L'art. 787a CO prévoit que, pour la cession de parts sociales de sociétés surendettées sans activité commerciale ni actifs réalisables, les prescriptions du droit de la société anonyme s'appliquent par analogie. L'art. 684a CO lui-même ne parle que d'actions. Pour les autres formes de sociétés, le texte lu ne dit rien : ne présumez pas qu'il s'applique.

Je suis dirigeant d'une société surendettée : que dois-je faire à la place d'une « reprise » ?

La loi prévoit des voies précises : surveillance de la solvabilité et comptes intermédiaires (art. 725b CO), assainissement ou sursis concordataire, dissolution et liquidation, ou faillite que le débiteur peut requérir lui-même (art. 191 al. 1 LP). Un avocat doit choisir la voie adaptée. Payer un tiers pour qu'il « gère » la société ne vous libère pas de vos devoirs d'organe.

En tant que créancier, puis-je agir si la société n'est plus joignable à son siège ?

Un créancier peut demander au tribunal des mesures lorsque la société n'a plus de domicile à son siège ou qu'un organe prescrit fait défaut ; le tribunal peut fixer un délai sous peine de dissolution, nommer un organe ou prononcer la dissolution et la liquidation selon les règles de la faillite (art. 731b CO). Le tribunal compétent dépend du droit cantonal : renseignez-vous auprès d'un avocat.

Information générale basée sur le droit suisse en vigueur — ne remplace pas un conseil juridique personnalisé (avocat ou juriste spécialisé).

Sources lues

Les articles de la SIA 118, norme non librement consultable, sont à vérifier dans l’édition applicable à votre contrat (marqués (*) quand ils n’ont pas pu être confirmés). Les exemples chiffrés de cette page sont fictifs.

📥 Pack prêt à l'emploi · gratuit

Télécharger le document

Le fichier s'affiche tout de suite à l'écran et nous vous l'envoyons aussi par e-mail.

Votre adresse sert à vous envoyer ce fichier. Voir notre politique de confidentialité.